Un exemple d'installation: |
Clinique de Médecine Physique et de Rééducation Fonctionnelle LES GRANDS CHÊNES 33021 BORDEAUX Une des missions de la Clinique de Médecine Physique et de Réadaptation Fonctionnelle Les Grands Chênes est de recevoir des personnes aphasiques. Certains de ces patients souffrent d'une suspension du langage, entraînant un handicap sévère et douloureux de communication. L'utilisation d'un support de communication adapté à la nature des troubles est alors le seul moyen de permettre des échanges. Nous utilisons le classeur de communication C.COM. Il s'agit d'un outil palliatif construit à partir d'un support informatique et de la photographie numérique. Il propose une structure de base personnalisable et permet ainsi d'être au plus près des thèmes d'échanges quotidiens au sein de la structure. Les informations sont illustrées par des photographies, organisées en catégories sémantiques. Le sens du message des interlocuteurs est identifié par pointages : la personne aphasique reste partenaire du projet de soins et des décisions qui la concernent. I. Objectifs : Nous souhaitions rétablir une communication entre les patients aphasiques et les membres de la structure malgré les troubles du langage. Il s'agissait donc d'entreprendre des adaptations précises du C.COM de base, de diffuser les classeurs obtenus dans le Centre, puis de former le personnel aux troubles liés à l'aphasie et aux principes d'utilisation d'un outil palliatif de communication. II. Méthodologie : A. Les adaptations du C.COM de base : a. Adapter le classeur de base à la Clinique exigeait d'une part d'y intégrer les éléments spécifiques propres à la structure et aux soins, par des photos complémentaires. b. Adapter la Clinique au handicap des patients, et l'équiper de classeurs adaptés nous demandait d'autre part : -D'identifier les lieux fréquentés par les patients aphasiques. -De définir les thèmes d'échanges et les besoins spécifiques de chacun : patients et partenaires institutionnels. -Puis de créer pour chaque lieu concerné un classeur spécifique. L'implication des interlocuteurs de nos patients présentait également l'avantage de mobiliser leur intérêt autour de la qualité des échanges malgré les troubles aphasiques. B. Les sessions de formation des interlocuteurs : utiliser un outil palliatif de communication signifie savoir identifier les incapacités qu'entraînent les troubles, afin de savoir l'utiliser lorsque la situation l'exige. Cela signifie également faire connaître l'outil lui-même et sa manipulation. Enfin, le rôle actif du partenaire est primordial dans son utilisation et conditionne son efficacité. Il nous fallait donc sensibiliser et former rééducateurs, soignants, personnel d'accueil hôtelier et administratif, aux échanges avec un patient aphasique, sous la forme de sessions d'information pour toute personne concernée, ayant pour thème la communication : fonctionnalités, handicap et comment y pallier, l'outil palliatif C.COM. C. Recueillir l'opinion du personnel vis à vis du contenu de la formation et de l'utilisation de l'outil, par la création d'un questionnaire. III. Résultats : A. Une première adaptation du classeur de base nous a permis d'obtenir le classeur initial de la Clinique. Nous avons procédé à des modifications ponctuelles des planches existantes ainsi qu'à la création de planches complémentaires, ajustées aux échanges quotidiens au sein de la Clinique. Ce classeur a été diffusé dans les différents services de rééducation : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, kinésithérapie. B. D'autres adaptations étaient indispensables, en fonction des thèmes d'échanges particuliers attachés aux lieux fréquentés par les patients. Ainsi, 6 lieux ont été identifiés : les postes de soin des 2 étages d'hospitalisation spécifiques ' le comptoir d'accueil ' le secrétariat médical ' le restaurant et les serveuses ' les diététiciennes ' le bar. Chacun a été équipé d'un classeur spécifiquement construit. C. Un classeur adapté aux besoins de l'assistante sociale, un classeur adapté aux besoins des brancardiers sont en cours de réalisation. D. Une première formation a eu lieu en 2002, une seconde en 2006. 23 sessions d'une heure ont été organisées pour former 120 personnes appartenant à 3 secteurs d'activités : -Administration et secrétaires médicales, standardistes, personnel d'accueil, diététiciennes, serveuses. -Rééducation : rééducateurs. -Hospitalisation : médecins spécialistes, médecins omnipraticiens, infirmières et aides soignantes, brancardiers, manipulatrice en radiologie. Elles traitaient des bases fonctionnelles de la communication, de la nature des altérations aphasiques et des moyens de facilitation de la communication, de l'outil palliatif CCOM et de ses adaptations à la Clinique, de son utilisation en situation. En 2002, trois mois après la formation, un échantillon représentatif d'utilisateurs institutionnels a été interrogé. Pour 93.4 % d'entre eux, l'outil adapté initial est efficace pour faciliter la communication, 95.6 % l'estiment aisé à manipuler. On constate que les troubles de compréhension des patients restent légèrement sous-estimés (86.9% le pensent utile pour accéder au sens du message du patient, contre 82.6% des sondés qui le jugent utile pour se faire comprendre du patient). IV. Conclusion : Dans la transmission d'informations, les atteintes de la communication liées à l'aphasie handicapent autant le patient que son partenaire. Le support de la photographie, l'adaptation de l'outil de base au Centre et du centre au trouble aphasique, et le pilotage de l'échange par le partenaire sain permettent de lever les obstacles. Seul un travail transdisciplinaire étroit peut conduire au maintien de la communication, chacun mettant ses compétences au service du patient, et chaque partenaire institutionnel se sentant concerné par l'amélioration de la qualité des échanges. Le travail de formation est un travail transversal à reprendre régulièrement. Cette nécessité est liée aux mouvements de personnels, mais également au souci de maintenir le désir de communiquer, entretenir et développer notre compétence, malgré des troubles très spécifiques liés à l'aphasie qui restent souvent difficiles à estimer par l'interlocuteur. Une étude objective est en cours visant à évaluer l'efficacité dans la communication du classeur initial, adapté à la structure. |